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Le choc

1. Guerre, choc et politique monétaire
 

Le conflit en cours au Moyen-Orient a modifié la donne pour l’économie mondiale et de ce fait, pour les marchés obligataires. A la veille des premières frappes américaines sur Téhéran, le rendement de l’emprunt de référence allemand à dix ans avoisinait les 2,7%, et celui de l’emprunt américain de même échéance, les 4%. Près de sept mois plus tard le premier se situe aux alentours des 3,5% tandis que le second approche les 5,3%.

Le choc pétrolier qui a suivi ces premières frappes explique cette remontée des taux et a entraîné un regain de pressions inflationnistes. Ces pressions ont alimenté la correction sur les marchés obligataires et ont également remis en cause les orientations monétaires entamées en 2024. En février, l’inflation globale européenne se situait sous la cible des 2% permettant à la Banque centrale européenne (BCE) d’envisager une nouvelle détente de son taux directeur. Depuis, l’inflation est remontée aux alentours des 3,8% et la BCE a remonté son taux de dépôt de 50 points de base le portant à 2,5%.

Ce n’est pas le premier choc pétrolier de l’Histoire, et les chocs passés nous apprennent qu’il ne s’agit pas uniquement d’une affaire de baril ou de politique ; c’est également un enjeu pour les Etats (qui paient la facture), les banques centrales (qui peuvent être amenées à choisir de laisser les prix filer) et les marchés de taux. En 1973 (guerre du Kippour), puis en 1979 (révolution iranienne), les banques centrales s’étaient montrées soit trop accommodantes, en décidant de protéger la croissance, soit en retard (Volcker n’interviendra que bien après la forte hausse de l’inflation). En 2022, face à des pressions inflationnistes nourries à la fois par la sortie de la crise sanitaire et par le choc énergétique lié à la guerre en Ukraine, elles avaient au contraire œuvré à les combattre en relevant drastiquement leurs taux, accompagnant ainsi le rééquilibrage entre l’offre et la demande. En 2026, les mêmes banques centrales sont à nouveau amenées à agir.

Lisez l'article blog entier de Jean-Philippe Donge, "Le choc".