Comment les allocateurs d'actifs abordent-ils le coronavirus ?

Le coronavirus continue à faire des ravages sur les bourses. Investment Officer s'est entretenu avec quelques allocateurs d'actifs concernant les ajustements qu'ils ont éventuellement apportés aux portefeuilles. Pour l'instant, nous ne voyons pas encore de changement radical de cap.

Après la pire journée en quatre ans sur les marchés boursiers (-4 % en moyenne), les marchés européens se sont quelque peu stabilisés.

En termes de rendements obligataires, les États-Unis flirtent avec le creux historique de 2016 (1,36 %, rendements réels négatifs). Allemagne à 10 ans -0,39 % et à 30 ans, retour au négatif (-0,01 %). Suisse à 50 ans -0,50 %.

L'or se stabilise autour de 1650, certains grands courtiers voient l'or monter jusqu'à 1750 (Goldman) à court terme, certains tablent même sur 2000. Les matières premières sont généralement encore fragiles et le plus souvent négatives.

Chez Nagelmackers, il a été décidé de réduire légèrement la position en actions japonaises (sous-pondération). Ils ont également décidé de réduire la position des obligations italiennes dans les profils défensifs (Full Bond/Conservative).

Chez Belfius, l’allocation n'a pas encore été ajustée. Le stratège Jan Vergote : « Le virus génère de l’agitation étant donné sa récente expansion (Iran, Italie, Corée, ...), mais en fin de compte, c'est la situation en Chine qui est déterminante pour la croissance mondiale et la décision de détenir ou non des actifs à risque. En Chine, la menace diminue et les affaires reprennent progressivement. La stimulation de la croissance est la priorité absolue des autorités chinoises. Des actions de stimulation sont en cours à différents niveaux de gouvernement. D'un point de vue stratégique, ils considèrent la crise actuelle comme transitoire et non comme un choc de croissance fondamental. Le marché actions, en particulier dans les pays émergents, sera stimulé dans les mois à venir par la croissance – les perspectives monétaires et fiscales aux États-Unis et en Chine. La Chine est en pleine reflation. »

Philippe Gijsels, stratégiste en chef de BNP Paribas Fortis, attend pour acheter : nous avons récemment réduit de 2 % nos positions américaines au sommet et cherchons maintenant à acheter dans le creux. Je pense que nous observons un schéma similaire à celui du SRAS en 2003. »

Steven Vandepitte d'ING compte sur les rendements de ses valeurs refuges. « Nous sommes neutres en actions. Nous avons ajouté des bons du Trésor américain à nos EMU govies depuis un certain temps déjà, et avons maintenant davantage d'or car le JPY n'est plus tout à fait à la hauteur. »

Enfin, Nadège Dufossé de Candriam fait également part de ses visions : « Nous sommes maintenant sous-pondérés en actions. Nous avons concentré notre analyse et notre réduction des risques sur les actions, car c’était la classe d'actifs qui était devenue la plus satisfaite. Nous restons provisoirement sous-pondérés en termes de duration et neutres en ce qui concerne le crédit. Nous continuons à préférer l'or en tant que couverture. Nous sommes neutres sur l'EUR/USD. »